Le train de bambou de Battambang, baptisé « norry » (នូរ៊ី) par les Cambodgiens, fait partie de ces curiosités voyageuses dont on parle encore des années après les avoir vécues. Imaginez une plateforme rudimentaire de lattes de bambou tressées, posée sur quatre roues métalliques récupérées d'anciens wagons, propulsée par un petit moteur de tracteur ou de moto, qui file à 25 km/h sur les rails désaffectés de l'ancienne voie ferrée coloniale française. Vous êtes assis à seulement 50 cm du sol, le vent fouette votre visage, les rizières d'un vert irréel défilent autour de vous et les palmiers à sucre découpent l'horizon. C'est absurde, ingénieux, profondément cambodgien — et c'est une étape devenue incontournable pour quiconque visite l'ouest du pays. Comptez 5 USD par personne (environ 4,60 €) pour un parcours de 2,6 km au départ du site de Banan, à 18 km au sud-ouest de Battambang.
L'essentiel en un coup d'œil : nom local « norry » (នូរ៊ី), site de départ Banan à 18 km au sud-ouest de Battambang, parcours 2,6 km aller-retour, durée 30 à 45 minutes, tarif fixe 5 USD (~4,60 €) par personne, accès en tuk-tuk depuis le centre-ville en 25 minutes pour environ 5 €. Pour replacer cette activité dans un séjour complet, consultez notre guide complet de Battambang et notre guide général du Cambodge.
Histoire du norry : du chemin de fer colonial à l'invention villageoise
Pour comprendre la singularité du train de bambou, il faut remonter à l'époque coloniale française. Dans les années 1930, sous le protectorat français, la compagnie des Chemins de Fer Royaux du Cambodge construit les premières lignes ferroviaires du royaume. L'objectif est essentiellement économique : relier Phnom Penh aux régions productrices de riz du nord-ouest et faciliter l'évacuation des marchandises vers les ports d'Indochine. Le réseau dessert progressivement Battambang, capitale rizicole historique, puis pousse jusqu'à Poipet pour rejoindre, à terme, le réseau thaïlandais.
L'abandon progressif et la guerre
À partir des années 1960-1970, le réseau ferroviaire entre dans une longue phase de déclin. La concurrence de la route, l'arrêt de l'entretien, puis surtout les bouleversements politiques liés à la guerre civile et au régime des Khmers rouges (1975-1979) achèvent de paralyser le système. Les locomotives sont abandonnées sur les voies, certaines gares sont dynamitées ou pillées, les traverses se déforment et les rails s'enfoncent dans la végétation. Le pays entier, dont l'infrastructure ferroviaire faisait jadis la fierté technique de l'Indochine française, sort de la décennie 1980 exsangue.
La naissance populaire du norry
C'est dans ce vide laissé par l'État que les villageois des environs de Pursat et Battambang font preuve d'une ingéniosité remarquable. Après 1979, dans une campagne où les routes restent largement impraticables — mines antipersonnel, boue de la mousson, ponts détruits — les habitants se tournent vers les rails désaffectés pour faire circuler marchandises et passagers. Ils inventent alors la norry : une plateforme légère en lattes de bambou tressées, montée sur quatre roues à essieux fixes, à l'origine simplement poussée à la perche, puis très vite équipée d'un petit moteur de motoculteur ou de moto récupéré.
Pendant les décennies 1980 et 1990, le norry connaît son âge d'or comme véritable moyen de transport rural. Il sert à acheminer sacs de riz, bétail, briques, planches, paysans rentrant du marché et enfants se rendant à l'école. Le système de croisement, devenu mythique, repose sur une règle de bon sens : sur cette voie unique, lorsqu'un norry en croise un autre, c'est le véhicule le moins chargé qui doit se sacrifier. Sa plateforme est soulevée, démontée en moins de trois minutes, les essieux sont posés à côté, l'autre passe puis l'ensemble est réassemblé. Ce ballet mécanique, mille fois répété, raconte mieux qu'un livre d'histoire la débrouillardise cambodgienne.
Le mot « norry » : selon plusieurs spécialistes de la linguistique khmère, le terme dériverait du français « lorry », qui désigne dans l'argot ferroviaire un wagon de chantier léger. Ce mot voyageur, importé par l'administration coloniale, a été adopté puis re-cambodgianisé en « norry » (នូរ៊ី). C'est l'un des nombreux héritages discrets du français dans le vocabulaire technique khmer, aux côtés des termes liés à l'administration, à l'urbanisme et à la cuisine.
Le site touristique de Banan : ce qui vous attend
Une précision essentielle pour les voyageurs préparant leur visite : le site historique du norry n'est plus le même que celui décrit dans les anciens guides. Pendant des années, les touristes embarquaient à O Sra Lav, à environ 10 km à l'est de Battambang, sur le tronçon original où les villageois avaient développé leur trafic improvisé. Ce site emblématique a été fermé en 2017, lorsque le gouvernement cambodgien, dans le cadre de la modernisation du réseau ferroviaire vers Poipet et la frontière thaïlandaise, a entrepris la remise en service de la ligne commerciale Phnom Penh-Battambang. Les rails ont été refaits, les norries traditionnelles déplacées et le site rendu impraticable pour l'activité touristique.
Le nouveau site officiel à Banan
Pour ne pas perdre cette manne touristique, les autorités locales ont aménagé en 2017 un nouveau site à Banan, sur un tronçon de rails désaffectés situé à environ 18 km au sud-ouest de Battambang. C'est désormais l'unique lieu officiel où l'on peut vivre l'expérience du train de bambou. L'aménagement comprend une plateforme d'embarquement, une billetterie tenue par l'association locale, un parking pour les tuk-tuks et quelques échoppes de boissons. Tout y est organisé pour accueillir les visiteurs : conducteurs formés, plateformes consolidées, gilets de sauvegarde pour les enfants si demandés, et un système de rotation pour éviter les files d'attente trop longues en haute saison.
Premières impressions
À l'arrivée, le contraste avec les images d'Épinal du norry traditionnel saute aux yeux. On n'est plus dans la débrouillardise rurale d'autrefois mais dans une petite attraction touristique structurée. La file d'attente est généralement courte hors haute saison, les opérateurs parlent quelques mots d'anglais et le tarif est affiché clairement. Une fois votre billet acheté, on vous attribue une plateforme, le conducteur monte les essieux sur les rails — opération qui prend environ 5 minutes — puis pose la planche de bambou par-dessus. Quelques coussins fins font office de sièges. Le moteur démarre, et c'est parti.
Le parcours en détail : étapes, paysages, arrêts
Le tronçon utilisé à Banan mesure environ 1,3 km dans chaque sens, soit 2,6 km au total. La durée totale, en incluant le montage de la plateforme, le trajet aller, l'arrêt intermédiaire et le retour, oscille entre 30 et 45 minutes. La vitesse de croisière se situe autour de 20 km/h, parfois davantage sur les sections les plus droites. Sur le papier, ce chiffre paraît modeste, mais l'absence de toute carrosserie, la proximité du sol et le bruit du moteur amplifient la sensation de vitesse de manière étonnante.
Le départ et les premiers mètres
Dès les premiers tours de roue, on comprend pourquoi le norry séduit tant les voyageurs. La plateforme vibre légèrement sur les jonctions de rails, le vent rabat les cheveux en arrière, le moteur émet un bourdonnement régulier et l'on glisse littéralement à travers la campagne. Les rizières s'étendent à perte de vue, d'un vert presque fluorescent pendant la saison des pluies, dorées à la veille de la récolte, ocre et sèches en milieu de saison fraîche.
Les paysages traversés
Le parcours offre une concentration remarquable de scènes typiques de la campagne cambodgienne :
- Rizières inondées où des paysans en chapeau conique se penchent sur les jeunes pousses
- Palmiers à sucre (Borassus flabellifer), silhouettes graphiques qui ponctuent le paysage et fournissent le célèbre sucre de palme cambodgien
- Maisons sur pilotis en bois sombre, recouvertes de toits de feuilles de palme tressées
- Ponts de bambou rudimentaires enjambant les canaux d'irrigation
- Petites pagodes dont les flèches dorées scintillent à l'horizon
- Buffles d'eau mâchant lentement aux abords de la voie
- Enfants curieux qui courent le long du norry en criant et en faisant signe
L'arrêt de Pumpkin Hill et la fabrique de briques
À mi-parcours, le norry s'arrête près d'un petit hameau baptisé « Pumpkin Hill » par les voyageurs anglophones. C'est ici que se trouve une fabrique artisanale de briques en terre cuite, l'une des activités historiques de la région de Battambang. Les fours en argile rougeoient, des ouvriers étalent la pâte de terre dans des moules en bois, des piles de briques sèchent au soleil. La visite n'est pas obligatoire mais vivement recommandée : elle permet de comprendre un pan entier de l'économie rurale cambodgienne, où ces briques alimentent encore une grande partie de la construction traditionnelle.
Quelques marchands ambulants proposent à cet arrêt des bouteilles d'eau fraîche, des noix de coco fraîches ouvertes à la machette, des sodas, des bananes et parfois des bracelets fabriqués sur place. Les prix sont modérés mais légèrement au-dessus de ceux du marché central de Battambang. Comptez environ 1 € pour une noix de coco fraîche ou un soda. Un pourboire d'un dollar laissé au gardien des fours est apprécié.
Le retour et le démontage
Après une pause d'une dizaine de minutes, le norry repart pour les 1,3 km du retour, sur le même tronçon. Si vous avez la chance de croiser un autre norry — situation fréquente en haute saison — vous assisterez à la scène mythique du démontage. Les deux conducteurs s'observent un instant, évaluent qui a le moins de passagers, puis l'un d'eux entreprend le démontage en moins de trois minutes : la planche est soulevée, les essieux sont posés à côté de la voie, l'autre norry passe, puis tout est remonté et chacun repart dans son sens. C'est cette mécanique populaire, mille fois éprouvée, qui justifie à elle seule le détour.
Informations pratiques : tarif, accès, horaires
| Information | Détail |
|---|---|
| Localisation | Site de Banan, 18 km au sud-ouest du centre de Battambang |
| Tarif | 5 USD (~4,60 €) par personne, prix fixe officiel |
| Durée totale | 30 à 45 minutes (parcours et arrêt inclus) |
| Distance | 2,6 km aller-retour (1,3 km par sens) |
| Horaires | Du lever au coucher du soleil, sans horaire fixe |
| Capacité | 4 à 6 passagers maximum par plateforme |
| Charge maximale | ~150 kg |
| Vitesse | 15 à 25 km/h |
| Réservation | Non nécessaire |
| Paiement | USD ou riels cambodgiens, espèces uniquement |
| Accès tuk-tuk | 25 minutes depuis le centre, environ 5 € l'aller simple |
Comment se rendre à Banan
Le site est trop éloigné pour être atteint à pied depuis le centre de Battambang. Trois options principales s'offrent à vous :
- Tuk-tuk : la solution la plus pratique. Comptez environ 5 € l'aller simple, 10 € l'aller-retour avec attente. Négociez avant le départ et précisez bien la durée de l'attente sur place
- Scooter en location : à partir de 5 à 7 € la journée. Pratique si vous comptez enchaîner avec Phnom Banan et Phnom Sampov, mais nécessite un permis international et une bonne maîtrise de la conduite locale
- Tour organisé demi-journée : proposé par la plupart des hôtels de Battambang, généralement 15 à 25 € par personne et intègre le tuk-tuk, l'entrée du norry et parfois la visite de Phnom Banan
Ce qu'il faut emporter
- Crème solaire : la plateforme est totalement à découvert, le soleil tape directement
- Chapeau ou casquette : indispensable, surtout entre 10h et 16h
- Eau : une bouteille par personne au minimum
- Appareil photo ou smartphone : les paysages sont superbes, surtout en lumière dorée
- Petite monnaie : 5 € par personne en billets en bon état, plus quelques dollars pour le tuk-tuk, les boissons et un éventuel pourboire
- Chaussures fermées : utile pour la visite optionnelle de la fabrique de briques
Quand y aller
Le norry fonctionne toute l'année, mais certaines plages horaires offrent une expérience bien plus agréable :
- Matin tôt (7h-9h) : air encore frais, brume sur les rizières, ambiance contemplative
- Fin d'après-midi (16h-18h) : lumière dorée magnifique pour la photographie, températures supportables
- À éviter : 11h-15h, lorsque le soleil est au zénith et la chaleur étouffante sur la plateforme à découvert
Côté saison, la période de novembre à février, en pleine saison sèche, reste la plus confortable. La saison des pluies (mai-octobre) offre les rizières les plus vertes mais expose à des averses parfois intenses qui peuvent suspendre temporairement l'activité. Pour planifier l'ensemble de votre séjour selon la météo, consultez nos pages dédiées à la circulation au Cambodge et au guide général du pays.
Authentique ou touristique ? Le débat du norry moderne
Impossible d'évoquer le train de bambou de Battambang sans aborder la question qui revient sur toutes les lèvres des voyageurs informés : ce que l'on voit aujourd'hui à Banan est-il encore authentique ? La réponse est nuancée et mérite d'être posée honnêtement avant la visite.
Une activité largement aménagée
Disons-le franchement : le norry actuel n'a plus grand-chose à voir avec le moyen de transport rural des années 1980-1990. Le site de Banan est aménagé spécifiquement pour les touristes, le parcours est court, les rails sont entretenus, les conducteurs sont organisés en coopérative, le tarif est affiché et les plateformes sont consolidées. Certains observateurs n'hésitent pas à parler de « Disneyfication » du norry traditionnel, en regrettant la disparition du site historique d'O Sra Lav où l'expérience conservait une dimension utilitaire.
Mais une expérience qui garde son charme
Pour autant, il serait excessif de bouder l'expérience pour ces raisons. Le norry conserve plusieurs ingrédients qui en font une activité unique :
- Le principe technique reste rigoureusement identique : plateforme de bambou, essieux de récupération, petit moteur, pas de freins sophistiqués
- Le paysage traversé est authentique : rizières, palmiers à sucre, maisons sur pilotis, vie villageoise
- Le système de démontage en cas de croisement subsiste et reste fascinant
- Les revenus générés bénéficient directement à plusieurs dizaines de familles locales
- L'arrêt à la fabrique de briques donne accès à une véritable activité économique locale
L'attitude juste du voyageur
Le norry est aujourd'hui ce qu'il est : une attraction touristique structurée, qui conserve cependant un fort caractère, un cadre splendide et une dimension culturelle réelle. L'aborder avec la nostalgie d'une époque révolue mène à la déception ; l'aborder comme une expérience photographique et ludique, soutenant l'économie rurale, mène à un excellent souvenir. La vérité du norry de 2026, c'est cette tension entre conservation culturelle et tourisme de masse — une tension qui traverse d'ailleurs l'ensemble du Cambodge contemporain.
Combiner le norry avec les autres sites de Battambang
Le grand avantage du site de Banan est sa proximité avec deux autres curiosités majeures de la région : Phnom Banan et Phnom Sampov. Une bonne organisation permet d'enchaîner les trois en une demi-journée ou une journée entière, en optimisant le tuk-tuk et la lumière du soleil.
Phnom Banan : le temple khmer du XIᵉ siècle
À seulement 10 minutes en tuk-tuk depuis le site du train de bambou se dresse Phnom Banan, une colline surmontée d'un temple khmer du XIᵉ siècle. L'ascension exige de gravir 358 marches, un effort sérieux sous le soleil mais récompensé au sommet par une vue panoramique à 360° sur la plaine de Battambang. Le temple en lui-même, plus modeste qu'Angkor, présente cinq tours-sanctuaires en grès et brique caractéristiques du style khmer classique. L'entrée coûte quelques dollars et l'on y croise très peu de monde, contrairement aux sites de Siem Reap.
Phnom Sampov et la sortie des chauves-souris
Un peu plus à l'ouest se trouve Phnom Sampov, autre colline calcaire chargée d'histoire. Au sommet, plusieurs temples et grottes parmi lesquelles les tristement célèbres Killing Caves, où le régime des Khmers rouges précipitait ses victimes. Mais le clou du spectacle se déroule au pied de la colline, chaque soir, entre 17h45 et 18h15 : la sortie crépusculaire de millions de chauves-souris qui quittent les grottes en une colonne ininterrompue de 20 à 30 minutes. C'est un spectacle naturel gratuit et absolument extraordinaire, à voir au moins une fois dans une vie de voyageur.
Une demi-journée optimisée
L'itinéraire le plus courant et le plus efficace combine ces trois sites sur une après-midi :
- 15h-15h30 : départ en tuk-tuk depuis Battambang vers le sud-ouest
- 15h45-16h30 : visite de Phnom Banan et ascension des 358 marches
- 16h45-17h30 : train de bambou à Banan, en lumière dorée
- 17h45-18h15 : sortie des chauves-souris à Phnom Sampov
- 18h30 : retour en tuk-tuk vers le centre de Battambang pour le dîner
Ce circuit coûte au total environ 25 à 30 € par personne (tuk-tuk, entrées, norry) pour une demi-journée d'une intensité remarquable. La plupart des hôtels et guesthouses de Battambang peuvent l'organiser sur demande.
Pour approfondir dans la région
D'autres curiosités méritent un détour si vous disposez de plus de temps : les vignobles Chan Thai Choeung (oui, le Cambodge produit du vin), les villages de tisserands de soie, les ateliers de prahok ou les sorties en vélo dans les rizières. Pour préparer un séjour plus large dans le pays, jetez un œil à nos pages activités au Cambodge et comment relier Phnom Penh à Siem Reap, deux ressources qui complètent utilement votre étape à Battambang.
Conseils, sécurité et anti-arnaques
Sécurité à bord du norry
Le norry présente un niveau de risque très faible pour qui respecte quelques règles simples. La vitesse modérée, la rectitude des rails et l'absence de circulation parallèle limitent les dangers. Les principales précautions consistent à tenir les enfants assis tout au long du trajet, à éviter de se pencher latéralement au-dessus du bord, à ne pas tenter de descendre en marche et à s'assurer que votre assurance voyage couvre les activités touristiques de plein air. Les opérateurs locaux ont l'habitude des passagers occidentaux et adaptent leur conduite en présence de familles avec jeunes enfants.
Vigilance sur les fausses excursions
Battambang n'est pas une ville à arnaques systématiques, mais quelques pièges existent autour du train de bambou. Des chauffeurs de tuk-tuk peu scrupuleux peuvent vous proposer un « train de bambou privé » sur un tronçon de rails court installé chez un particulier, pour 8 à 10 €, en prétendant que c'est « le vrai site ». Ce n'est pas le cas. Le seul site officiel actuel est Banan, à 18 km au sud-ouest. Vérifiez l'adresse sur Google Maps avant de partir (« Banan Bamboo Train »), demandez confirmation à votre hôtel et n'acceptez aucune destination alternative en cours de route.
Tarification et pourboires
Le tarif officiel est de 5 USD (~4,60 €) par personne, point. Refusez toute surfacturation et ne payez jamais à un intermédiaire en dehors de la billetterie située à l'entrée du site. Un pourboire facultatif de 1 à 2 USD au conducteur est apprécié à la fin du parcours, particulièrement si la course a été ralentie par plusieurs croisements ou si le conducteur s'est montré disponible pour les explications et les photos. Inutile en revanche de céder à des demandes insistantes de pourboires de la part de personnes extérieures à l'équipe officielle.
Petits gestes utiles
- Saluer les enfants qui font signe le long de la voie d'un simple « sousdey » (bonjour en khmer)
- Acheter une noix de coco ou une boisson à l'arrêt intermédiaire pour soutenir l'économie locale
- Demander avant de photographier les habitants travaillant à la fabrique de briques
- Ne jamais jeter de déchets en bord de voie : aucun service de ramassage ne passe ensuite
- Garder les billets propres et en bon état pour le règlement
L'avenir incertain du train de bambou
La grande question qui plane sur le norry concerne sa pérennité à moyen terme. Le Cambodge a engagé, avec l'appui d'investissements chinois et de la Banque asiatique de développement, un vaste programme de réhabilitation de son réseau ferroviaire. La ligne sud Phnom Penh-Sihanoukville est de nouveau opérationnelle depuis plusieurs années. La ligne nord Phnom Penh-Battambang-Poipet a été réactivée pour le fret puis, plus récemment, pour des services voyageurs limités, dans l'objectif de relier à terme l'ensemble du réseau aux chemins de fer thaïlandais.
Une menace réelle mais ciblée
Cette modernisation a déjà entraîné, en 2017, la fermeture du site historique d'O Sra Lav. Elle pourrait théoriquement, à plus long terme, affecter le tronçon de Banan si celui-ci venait à être intégré au réseau commercial. Néanmoins, plusieurs facteurs militent en faveur de la conservation du site touristique :
- Le tronçon de Banan est physiquement séparé de la ligne commerciale réhabilitée
- Le norry est devenu un symbole culturel reconnu internationalement
- L'activité génère des revenus directs pour des dizaines de familles
- Les autorités provinciales tiennent à préserver l'attractivité touristique de Battambang, ville moins visitée que Siem Reap mais en plein essor
Une expérience à vivre tant qu'elle existe
La probabilité que le site de Banan disparaisse à court terme reste faible, mais le contexte ferroviaire cambodgien est mouvant et nul ne peut garantir que le norry sera encore exploitable dans dix ou quinze ans sous sa forme actuelle. Si l'expérience figure sur votre liste, mieux vaut ne pas la reporter indéfiniment. Le train de bambou est de toute façon une étape idéale dans un séjour cambodgien classique de 10 à 15 jours, qui inclut généralement Phnom Penh, Siem Reap, Angkor et un détour par Battambang. Notre page sur les transports au Cambodge aide à intégrer cette étape dans un itinéraire cohérent.
Questions fréquentes
Combien coûte le train de bambou de Battambang ?
Le tarif officiel du norry est de 5 USD par personne (environ 4,60 €), soit le prix d'un passage pour la totalité du parcours aller-retour de 2,6 km au départ du site de Banan. Le paiement s'effectue en dollars américains ou en riels cambodgiens. Ce prix est fixe, non négociable et affiché à l'entrée. Comptez en plus le tuk-tuk depuis le centre de Battambang (environ 5 € l'aller-retour avec attente) et un pourboire facultatif de 1 à 2 USD pour le conducteur de la plateforme.
Où se trouve aujourd'hui le train de bambou ?
Depuis 2017, le train de bambou touristique fonctionne sur le site de Banan, situé à 18 km au sud-ouest du centre de Battambang. Le site historique original d'O Sra Lav, à 10 km à l'est de la ville, a été fermé lorsque le gouvernement a relancé la ligne ferroviaire commerciale Phnom Penh-Poipet. Banan est accessible en 25 minutes en tuk-tuk depuis le centre, pour environ 5 € l'aller simple, et se combine très bien avec Phnom Banan et Phnom Sampov.
Quelle est la meilleure heure pour faire le norry ?
Les deux créneaux idéaux sont le matin tôt entre 7h et 9h, lorsque l'air est encore frais et que la brume se lève sur les rizières, et la fin d'après-midi entre 16h et 18h pour profiter de la lumière dorée du coucher de soleil. Évitez impérativement les heures les plus chaudes, entre 11h et 15h, car la plateforme du norry n'offre aucune ombre. La saison sèche, de novembre à février, reste la période la plus confortable pour l'expérience.
Le train de bambou est-il dangereux ?
Le norry circule à une vitesse modérée comprise entre 15 et 25 km/h, ce qui rend l'activité globalement sûre pour les adultes comme pour les enfants. La sensation de vitesse est en réalité amplifiée par la proximité du sol, à environ 50 cm sous la plateforme. Tenez les enfants assis tout au long du trajet, évitez de vous pencher au-dessus du bord et vérifiez que votre assurance voyage couvre les activités touristiques classiques. Les incidents graves sont extrêmement rares.
Combien de temps dure l'expérience du norry ?
Le parcours touristique de Banan couvre 2,6 km au total, soit 1,3 km dans chaque sens. La durée complète, montage de la plateforme et arrêts compris, oscille entre 30 et 45 minutes selon l'affluence et le temps passé à l'étape de Pumpkin Hill. Il faut prévoir en plus 25 minutes de tuk-tuk depuis le centre de Battambang pour s'y rendre et autant pour le retour, soit environ deux heures pour une excursion complète au départ de la ville.
Conclusion : une étape attachante de tout voyage à Battambang
Le train de bambou n'est plus le moyen de transport rural des années 1990 qu'il a été. C'est aujourd'hui une attraction touristique soigneusement aménagée, au tronçon court et au tarif normalisé. Mais il conserve, pour qui l'aborde avec lucidité, une véritable épaisseur culturelle et un cadre paysager exceptionnel. Glisser à 25 km/h sur des rails désaffectés à travers les rizières de la plaine de Battambang, tout en sachant que ce ballet improbable est né de la débrouillardise post-guerre des villageois cambodgiens, donne à l'expérience une saveur particulière que peu d'attractions touristiques peuvent revendiquer.
Comptez 5 USD par personne, prévoyez 30 à 45 minutes de parcours et une heure de transfert, choisissez le matin tôt ou la fin d'après-midi pour la lumière, et combinez la visite avec Phnom Banan et la sortie des chauves-souris de Phnom Sampov pour une demi-journée mémorable. Battambang, deuxième ville du Cambodge par son charme architectural et sa douceur de vivre, mérite largement ces 2 à 3 jours d'arrêt entre Phnom Penh et Siem Reap. Pour préparer la suite de votre itinéraire, consultez nos guides Battambang en détail, le Cambodge en général, les transports cambodgiens, les activités à ne pas manquer et la liaison Phnom Penh-Siem Reap.
Envie de partir au Cambodge ?
Recevez des conseils personnalisés pour votre voyage. Remplissez notre formulaire et nous vous répondrons sous 48h.
Demander un devis gratuit