Banteay Srei est unanimement considéré comme le plus beau temple du Cambodge en termes de finesse sculpturale. Ce petit bijou du Xe siècle, taillé dans un grès rose qui prend des teintes dorées au soleil couchant et des rouges profonds après la pluie, abrite des sculptures d'une précision si stupéfiante qu'on les croirait ciselées dans du bois ou de l'ivoire plutôt que dans la pierre. Chaque centimètre carré de surface est travaillé, orné, sculpté — les artistes du Xe siècle ont transformé le grès en dentelle.
Surnommé la "citadelle des femmes" — peut-être en raison de la délicatesse de ses ornements ou des nombreuses devatas qui ornent ses murs —, Banteay Srei se distingue de tous les autres temples d'Angkor par la qualité incomparable de ses bas-reliefs, ses frontons narratifs parfaitement conservés après plus d'un millénaire et ses dimensions intimistes qui contrastent avec la monumentalité d'Angkor Wat ou du Bayon. Si Angkor Wat est la cathédrale, Banteay Srei est le coffret à bijoux — petit, précieux, parfait. Une visite incontournable pour tout amateur d'art et d'histoire, à seulement 37 km de Siem Reap.
Histoire de Banteay Srei
Banteay Srei se distingue des autres grands temples d'Angkor par un détail fondamental qui éclaire toute son esthétique : il n'a pas été construit par un roi, mais par un haut dignitaire de la cour — un intellectuel, un érudit, un homme de pensée plutôt qu'un homme de guerre.
Un Temple de Brahmane
Banteay Srei fut consacré en 967, sous le règne de Rajendravarman II puis de Jayavarman V, par Yajnavaraha, un brahmane de haut rang qui était le guru (maître spirituel) et conseiller des deux rois successifs. Yajnavaraha n'était pas un simple prêtre : les inscriptions retrouvées sur le site le décrivent comme un érudit versé dans la grammaire, l'astronomie, la philosophie et les rituels védiques — un intellectuel d'une envergure exceptionnelle qui avait l'oreille du roi et la direction de la politique religieuse de l'empire.
Le temple était dédié à Shiva, sous la forme de Tribhuvanamaheshvara ("le grand seigneur des trois mondes"), et construit sur les terres personnelles de Yajnavaraha, à l'écart de la capitale, dans un site isolé au pied du Phnom Kulen. C'est l'un des rares temples d'Angkor qui ne soit pas une fondation royale, ce qui explique ses dimensions modestes (l'enceinte intérieure fait seulement 24 mètres de côté) mais aussi, paradoxalement, la qualité exceptionnelle de ses sculptures — le commanditaire étant un érudit religieux, le programme iconographique est d'une richesse et d'une précision théologiques qui dépassent ceux de la plupart des temples royaux.
Les moyens mis en oeuvre pour la construction, malgré le caractère non royal de la fondation, témoignent de la puissance de Yajnavaraha : il a mobilisé les meilleurs artisans du royaume, utilisé un grès rose d'une qualité exceptionnelle provenant de carrières locales, et conçu un programme iconographique d'une complexité qui révèle une connaissance intime des textes sacrés hindous. Banteay Srei est le temple d'un homme de savoir, et cela se voit dans chaque pierre.
L'Affaire Malraux : le Vol qui a Fait Connaître Banteay Srei
Banteay Srei doit une partie de sa célébrité internationale à un incident retentissant qui mêle aventure, crime et littérature. En décembre 1923, le jeune André Malraux — il a 22 ans, il n'est pas encore le ministre de la Culture, le résistant, le Prix Goncourt — se rend à Banteay Srei accompagné de son épouse Clara et de son ami Louis Chevasson. Le temple est alors pratiquement inconnu du grand public, envahi par la jungle, et Malraux y voit une opportunité.
Le trio découpe et emporte plusieurs bas-reliefs et devatas d'une valeur inestimable — sept pièces majeures, découpées à la scie sur les murs du temple. Ils les font transporter jusqu'à Phnom Penh par charrette à boeufs, comptant les expédier à Paris pour les vendre. Mais les autorités coloniales, alertées, interceptent les voleurs. Malraux et Chevasson sont arrêtés et jugés à Phnom Penh : Malraux est condamné à trois ans de prison, Chevasson à 18 mois. Sous la pression d'une pétition signée par des intellectuels français de premier plan (dont André Gide et François Mauriac), Malraux est finalement gracié en appel.
L'affaire provoque un scandale qui contribue paradoxalement à faire connaître Banteay Srei au grand public occidental et à renforcer les mesures de protection du patrimoine khmer. Les sculptures volées sont restituées et remises en place. Malraux s'inspirera de cette aventure pour son roman "La Voie royale" (1930), dans lequel un jeune aventurier pille les temples de la jungle cambodgienne — fiction qui transpose avec une liberté considérable les événements réels.
Restauration et Protection
Banteay Srei a été le premier temple d'Angkor à faire l'objet d'une restauration complète par la méthode de l'anastylose, menée par l'École française d'Extrême-Orient (EFEO) dans les années 1930 sous la direction de Henri Marchal. Cette technique, empruntée aux archéologues néerlandais travaillant à Borobudur en Indonésie, consiste à démonter intégralement le temple pierre par pierre, numéroter chaque bloc, consolider les fondations, puis remonter le temple dans sa forme originale en remplaçant les éléments structurels défaillants par des blocs neufs.
Le résultat est spectaculaire : Banteay Srei est aujourd'hui l'un des temples les mieux conservés et les plus lisibles du Cambodge. La méthode de l'anastylose, testée avec succès à Banteay Srei, a ensuite été appliquée à de nombreux autres temples d'Angkor — le petit temple de grès rose a ainsi servi de laboratoire pour la conservation du patrimoine khmer tout entier. Les sculptures ont traversé un millénaire dans un état remarquable grâce à la dureté exceptionnelle du grès rose local, beaucoup plus résistant à l'érosion que le grès gris utilisé à Angkor Wat.
Le saviez-vous ? Le grès rose de Banteay Srei est une variété locale particulièrement dense et dure, riche en oxydes de fer qui lui donnent sa couleur caractéristique. Cette densité a permis aux sculpteurs de réaliser des détails d'une finesse impossible à obtenir dans le grès gris plus friable d'Angkor Wat — des feuilles individuelles, des fils de bijoux, des mèches de cheveux. C'est cette qualité exceptionnelle de la pierre, autant que le talent des artistes, qui explique la conservation remarquable des sculptures après plus de 1 000 ans d'exposition aux intempéries tropicales.
Les Sculptures de Banteay Srei : un Art Sans Égal
Les sculptures de Banteay Srei sont unanimement considérées par les historiens de l'art comme le sommet absolu de la sculpture khmère — et sans doute l'un des sommets de la sculpture mondiale. Leur finesse, leur expressivité, leur inventivité narrative et leur état de conservation dépassent tout ce que l'on peut voir ailleurs à Angkor, et rivalisent avec les meilleurs exemples de l'art indien ou de l'art roman européen.
Les Frontons Narratifs : des Tableaux en Pierre
Les frontons triangulaires qui surmontent les portes des sanctuaires et des bibliothèques sont les chefs-d'oeuvre absolus de Banteay Srei. Sculptés en haut-relief avec une profondeur allant jusqu'à 15 centimètres, ils représentent des scènes mythologiques d'une vivacité extraordinaire — de véritables tableaux en pierre, avec une composition, une profondeur de champ et un sens du mouvement qui préfigurent la peinture de la Renaissance.
Le fronton le plus célèbre, sur la bibliothèque sud, montre le combat entre les singes Valin et Sugriva, un épisode du Ramayana. Les deux frères-singes sont enlacés dans une lutte acharnée au milieu d'une forêt de flammes, leurs corps musclés tordus dans l'effort, leurs visages grimaçants de rage et de douleur. La dynamique du mouvement est stupéfiante — on sent la violence du combat, la tension des muscles, l'énergie de la lutte. Autour des combattants, des singes-spectateurs fuient ou observent avec des expressions individualisées. La composition tourbillonnante, les flammes qui lèchent les corps, l'émotion des visages — tout cela dans un triangle de grès d'un mètre cinquante de large. C'est un chef-d'oeuvre absolu de l'art narratif.
Un autre fronton, sur la bibliothèque nord, représente Ravana, le roi démon à dix têtes et vingt bras, secouant le mont Kailasa pour défier Shiva qui réside au sommet. La composition est d'une audace graphique extraordinaire : Ravana, représenté de face avec ses multiples têtes disposées en éventail et ses bras rayonnants, soulève littéralement la montagne, tandis qu'au sommet, Shiva et Parvati restent imperturbables. Les animaux de la montagne (éléphants, singes, lions) fuient en cascade. Le fronton donne l'impression d'un tableau en mouvement — on entend presque le grondement de la montagne secouée par le démon.
D'autres frontons montrent des scènes tout aussi saisissantes : Indra chevauchant Airavata, l'éléphant à trois têtes, arrosant la terre d'une pluie bienfaisante ; Kama, le dieu de l'amour, décochant sa flèche florale vers Shiva en méditation ; des scènes du Mahabharata avec la rencontre de Shiva et Arjuna dans la forêt. Chaque fronton est un univers narratif complet, avec des personnages principaux, des personnages secondaires, un décor, une action et une émotion — le tout compressé dans un triangle de pierre d'une qualité technique ahurissante.
Les Devatas et les Gardiens
Les murs des sanctuaires sont ornés de devatas (divinités féminines) d'une grâce incomparable — les plus belles figures féminines de tout l'art khmer. Chaque devata porte une coiffure élaborée dont on peut compter les mèches individuelles, des bijoux finement ciselés (colliers, bracelets, boucles d'oreilles, ceintures ornementales) et un vêtement dont les plis semblent presque transparents, révélant les formes du corps avec une sensualité retenue — une prouesse technique inouïe dans la pierre. Les visages sont sereins, légèrement souriants, avec des yeux en amande et des lèvres pleines qui dégagent une douceur intemporelle.
Les dvarapalas (gardiens des portes) sont des figures masculines armées, debout de chaque côté des entrées, dont les expressions féroces et les postures dynamiques (hanches déhanchées, bras tenant des massues) contrastent avec la sérénité des devatas. Ce contraste entre la grâce féminine et la puissance masculine est l'un des ressorts esthétiques de Banteay Srei.
Malheureusement, certaines de ces sculptures sont des copies en ciment — les originaux ayant été retirés pour être protégés au Musée national de Phnom Penh (pour les plus précieux) ou ayant été volés au fil des siècles. Les panneaux d'information sur le site indiquent lesquelles sont des originaux et lesquelles sont des reproductions.
Les Linteaux et les Ornements Floraux
Chaque porte du temple est surmontée d'un linteau sculpté représentant des scènes mythologiques, des divinités ou des motifs végétaux d'une complexité ahurissante. Les rinceaux (volutes végétales) qui encadrent les scènes sont sculptés avec une précision qui défie l'imagination — et l'explication rationnelle : des feuilles individuelles, des tiges entrelacées se divisant et se rejoignant, des fleurs de lotus ouvertes pétale par pétale, des bourgeons à divers stades d'éclosion, le tout dans un entrelacs qui couvre chaque centimètre carré de surface disponible sans laisser le moindre espace vide.
Les pilastres des portes sont ornés de motifs géométriques et floraux qui rappellent plus la dentelle que la sculpture sur pierre. Les colonettes octogonales, avec leurs bagues décoratives et leurs motifs ciselés, sont des pièces de joaillerie en grès. L'ensemble crée une surcharge décorative qui, paradoxalement, ne produit pas de lourdeur mais une sensation d'abondance et de richesse — comme un jardin luxuriant transposé dans la pierre.
Conseil : Apportez des jumelles ou utilisez le zoom de votre appareil photo pour apprécier les détails les plus fins des frontons. Depuis les cordons de sécurité (situés à environ 3-4 mètres des structures), certains détails passent inaperçus à l'oeil nu — les bijoux des devatas, les expressions des combattants, les feuilles individuelles des rinceaux. Les plus belles sculptures sont sur les frontons des bibliothèques (nord et sud) et sur les trois sanctuaires centraux. Un zoom optique 200 mm ou plus est idéal pour les détails.
Le Grès Rose : la Pierre qui a Fait le Chef-d'Oeuvre
On ne peut pas comprendre la perfection de Banteay Srei sans comprendre sa pierre. Le grès rose utilisé pour le temple provient de carrières locales, au pied du Phnom Kulen. Cette variété de grès est exceptionnelle à plusieurs titres :
- Densité : beaucoup plus dur et plus compact que le grès gris utilisé à Angkor Wat, il permet une finesse de détail impossible dans une pierre plus friable. Les sculpteurs pouvaient tailler des éléments de quelques millimètres de large sans risquer la cassure.
- Grain fin : la structure cristalline du grès rose est d'une finesse qui se rapproche du marbre, permettant des surfaces lisses et des arêtes nettes.
- Couleur : les oxydes de fer contenus dans la pierre donnent des teintes allant du rose pâle à l'orange profond, variant selon l'éclairage, l'humidité et l'heure de la journée. Mouillée par la pluie, la pierre vire au rouge sang. Au soleil couchant, elle prend des teintes dorées. À l'aube, elle est d'un rose délicat.
- Résistance à l'érosion : plus résistant à l'eau, au vent et aux variations thermiques que le grès gris, il explique l'état de conservation remarquable des sculptures après plus de 1 000 ans.
La qualité de la pierre a permis aux artistes de repousser les limites techniques de la sculpture — ils ont traité le grès comme s'il était du bois ou de l'ivoire, avec une finesse de détail qui n'a pas d'équivalent dans l'art khmer en grès gris. Banteay Srei est le seul temple d'Angkor entièrement construit dans ce grès rose — un choix matériel qui a fait le chef-d'oeuvre.
Visiter Banteay Srei : Guide Pratique
Le Circuit de Visite
Banteay Srei est un temple compact qui se visite en 45 minutes à 1h30 selon votre intérêt pour la sculpture et la photographie. L'entrée se fait par l'est, à travers une allée bordée de bornes en grès qui mène à un gopura (pavillon d'entrée), puis à une chaussée processionnelle. Le temple se compose de trois enceintes concentriques :
- Enceinte extérieure : contient des galeries dont les murs conservent des bas-reliefs (partiellement endommagés). C'est la zone la plus vaste mais la moins spectaculaire.
- Enceinte intermédiaire : une transition vers le coeur du temple, avec des vestiges de bâtiments annexes.
- Enceinte intérieure : le joyau du temple. C'est ici que se concentrent les trois sanctuaires centraux (prasat) dédiés à Shiva (centre et sud) et à Vishnou (nord), les deux bibliothèques aux frontons narratifs exceptionnels, les devatas les plus célèbres et la plus grande concentration de chefs-d'oeuvre sculpturaux par mètre carré de tout le Cambodge.
Des cordons de sécurité empêchent de s'approcher à moins de 3-4 mètres des sculptures les plus fragiles dans l'enceinte intérieure. Cette distance est frustrante pour les photographes et les amateurs de détails, mais elle est nécessaire pour protéger un patrimoine millénaire — les jumelles ou le zoom sont vos meilleurs alliés.
Le Meilleur Moment pour la Visite
La lumière est absolument déterminante pour l'expérience de Banteay Srei — le même fronton peut paraître plat et terne à midi et sublimement vivant au soleil couchant. Voici les conditions optimales :
- Matin (7h30-10h00) : le soleil bas éclaire les façades est et fait ressortir les reliefs des sculptures dans la chaude couleur rose du grès. Les ombres longues creusent les détails et donnent de la profondeur aux frontons. C'est le meilleur moment pour photographier les bibliothèques et les sanctuaires centraux (orientés est). Affluence modérée.
- Après-midi (15h00-17h00) : lumière dorée sur les façades ouest, donnant au temple des teintes orangées spectaculaires. Le soleil rase les murs et fait "sortir" les sculptures de la pierre avec un relief dramatique. C'est le moment le plus photogénique mais aussi le plus fréquenté par les photographes.
- À éviter : milieu de journée (11h00-14h00) : lumière dure et verticale, ombres peu flatteuses, chaleur accablante, affluence maximale. Les reliefs semblent plats et les couleurs sont délavées.
- Saison des pluies (juin-octobre) : le grès mouillé prend une couleur rouge profonde qui contraste magnifiquement avec la mousse verte et le ciel gris dramatique. Certaines des plus belles photographies de Banteay Srei sont prises juste après une averse, quand la pierre est saturée d'eau et que le soleil revient.
Combiner Banteay Srei avec Kbal Spean
L'excursion classique d'une demi-journée combine Banteay Srei avec Kbal Spean, la rivière aux mille lingas, située à 12 km plus au nord. L'itinéraire optimal est de commencer par Kbal Spean tôt le matin (la randonnée de 45 minutes dans la forêt est plus agréable à la fraîche et le site ouvre à 7h), puis de redescendre vers Banteay Srei en fin de matinée (9h30-10h00) quand la lumière sur le grès rose est idéale.
Alternativement, combinez Banteay Srei avec Beng Mealea sur un circuit d'une journée complète en direction de l'est — deux expériences radicalement différentes (la perfection restaurée vs le chaos romantique) qui se complètent parfaitement.
Le Centre du Tissage de la Soie
Sur la route de Banteay Srei, à environ 25 km de Siem Reap, le Centre Artisans d'Angkor propose une visite gratuite d'un atelier de tissage de soie traditionnelle khmère. Les artisans y tissent à la main des soieries selon des techniques ancestrales, avec des teintures naturelles. C'est un arrêt agréable et instructif qui brise le trajet et offre une perspective sur l'artisanat khmer vivant. La boutique vend des pièces de qualité à des prix raisonnables.
Photographie à Banteay Srei
Banteay Srei est l'un des sites les plus photographiés du Cambodge, et pour cause — chaque angle offre un sujet de premier ordre. Voici les conseils pour en tirer le meilleur.
Objectifs Recommandés
| Objectif | Usage | Indispensable ? |
|---|---|---|
| Téléobjectif (70-200 mm ou +) | Détails des frontons, devatas, linteaux (depuis les cordons) | OUI — l'objectif le plus important ici |
| Standard (24-70 mm) | Compositions d'ensemble, sanctuaires | Oui |
| Grand-angle (16-24 mm) | Vues d'ensemble, enceintes, perspective | Utile |
| Macro | Détails floraux, textures du grès | Bonus |
Sujets Phares
- Frontons des bibliothèques : les chefs-d'oeuvre absolus. Utilisez un 200 mm ou plus pour cadrer les scènes narratives et isoler les détails des combats, des expressions et des flammes.
- Devatas : leurs visages sereins et leurs bijoux ciselés sont de magnifiques sujets de portrait en gros plan. Cherchez la lumière rasante qui fait ressortir les reliefs.
- Colonettes et pilastres : les motifs géométriques et floraux sont fascinants en macro — des images abstraites de pierre travaillée qui deviennent de l'art graphique.
- La couleur du grès : jouez avec les variations de teinte au fil des heures — rose à l'aube, doré à midi, orange au couchant, rouge après la pluie.
Défis Photographiques
Le principal défi est la distance imposée par les cordons de sécurité — vous ne pouvez pas vous approcher à moins de 3-4 mètres des sculptures les plus intéressantes. Sans téléobjectif, les détails sont inaccessibles. L'autre défi est la gestion des contrastes : le grès rose en plein soleil peut "brûler" les hautes lumières tandis que les parties à l'ombre sont sous-exposées. Brackettez vos expositions ou utilisez le HDR pour les scènes à fort contraste. En RAW, vous récupérerez plus de détails dans les hautes lumières.
Informations Pratiques
Comment s'y Rendre
Banteay Srei est situé à 37 km au nord-est de Siem Reap, soit environ 45 minutes de route par une route asphaltée en bon état. Le trajet traverse la campagne cambodgienne, offrant de belles vues sur les rizières et les villages traditionnels.
| Transport | Prix indicatif | Remarques |
|---|---|---|
| Tuk-tuk | 20-25 USD A/R | Le plus courant — chauffeur attend sur place |
| Voiture privée | 30-40 USD A/R | Climatisé, plus confortable |
| Tuk-tuk + Kbal Spean | 30-40 USD A/R | Circuit combiné demi-journée |
| Vélo | 3-5 USD (location) | 2h30 aller — sportif, route fréquentée, chaleur |
Certains cyclistes aventureux font le trajet à vélo (37 km aller sur route plate), mais la route est fréquentée par des camions et des bus, et la chaleur rend l'exercice éprouvant entre 10h et 15h. Si vous tentez le vélo, partez à l'aube et emportez beaucoup d'eau.
Horaires et Tarifs
Banteay Srei est ouvert de 7h30 à 17h00 et est inclus dans le pass Angkor. Pas de billet supplémentaire nécessaire. La visite dure 45 minutes à 1h30 selon votre intérêt pour la sculpture et la photographie.
Centre d'Interprétation
Un petit centre d'interprétation à l'entrée du site propose des panneaux explicatifs sur l'histoire du temple, les techniques de sculpture, la symbolique des scènes mythologiques représentées et l'affaire Malraux. Prenez 10-15 minutes pour le visiter avant d'entrer dans le temple — les informations sur les frontons narratifs (identification des scènes, noms des personnages, contexte mythologique) enrichiront considérablement votre compréhension des sculptures et transformeront ce qui pourrait n'être qu'un spectacle visuel en une lecture intellectuelle passionnante.
Services sur Place
Le parking de Banteay Srei dispose de boutiques de souvenirs, de stands de boissons et de nourriture légère. Des toilettes sont disponibles à l'entrée du site. Un petit marché artisanal vend des reproductions de sculptures, des écharpes en soie et des objets artisanaux. La qualité est variable — comparez avant d'acheter.
Attention : Les cordons de sécurité autour des sculptures sont là pour protéger un patrimoine millénaire irremplaçable. Ne les franchissez pas, même pour une photo — un selfie ne vaut pas la dégradation d'une oeuvre d'art de 1 000 ans. Les gardiens sont vigilants et les amendes possibles. Utilisez plutôt le zoom de votre appareil photo ou des jumelles pour apprécier les détails à distance.
Banteay Srei Comparé aux Autres Temples
| Critère | Banteay Srei | Angkor Wat | Bayon |
|---|---|---|---|
| Époque | 967 (Xe siècle) | ~1150 (XIIe siècle) | ~1200 (XIIe-XIIIe) |
| Commanditaire | Brahmane (Yajnavaraha) | Roi (Suryavarman II) | Roi (Jayavarman VII) |
| Religion | Hindouisme (Shiva) | Hindouisme (Vishnou) | Bouddhisme |
| Matériau | Grès rose (unique) | Grès gris | Grès gris |
| Taille | Compact (24 m de côté) | Immense (1,5 km x 1,3 km) | Grand (160 m de côté) |
| Atout principal | Finesse sculpturale | Monumentalité + bas-reliefs | Visages + atmosphère |
| Affluence | Modérée | Très élevée | Élevée |
| Durée de visite | 45 min - 1h30 | 2h - 4h | 45 min - 1h30 |
FAQ : Questions Fréquentes sur Banteay Srei
Pourquoi Banteay Srei est-il rose ?
Le grès rose utilisé pour Banteay Srei provient de carrières locales au pied du Phnom Kulen. Cette variété de grès contient des oxydes de fer qui lui donnent sa couleur caractéristique, allant du rose pâle à l'orange profond selon l'éclairage et l'humidité. Ce grès est également plus dur et plus dense que le grès gris d'Angkor Wat, ce qui a permis aux sculpteurs de réaliser des détails d'une finesse exceptionnelle et a contribué à la conservation remarquable des sculptures.
Banteay Srei vaut-il les 45 minutes de route depuis Siem Reap ?
Sans aucun doute — c'est l'un des incontournables absolus du Cambodge. Les sculptures de Banteay Srei sont les plus belles de tout le patrimoine khmer et constituent une expérience unique au monde. Le trajet de 45 minutes est agréable et traverse la campagne. Combinez avec Kbal Spean (à 12 km plus au nord) ou Beng Mealea (en direction de l'est) pour optimiser votre journée.
Que signifie "Banteay Srei" ?
"Banteay Srei" signifie "citadelle des femmes" en khmer. L'origine de ce nom est débattue : il pourrait faire référence à la finesse "féminine" des sculptures, aux nombreuses devatas (figures féminines) qui ornent les murs, ou simplement être une appellation populaire sans lien avec la fonction originelle du temple, qui était un sanctuaire shivaïte fondé par un brahmane masculin.
Combien de temps faut-il pour visiter Banteay Srei ?
Minimum 45 minutes pour une visite rapide. Comptez 1h à 1h30 si vous aimez la sculpture et la photographie. Les photographes sérieux peuvent facilement y passer 2 heures, surtout en début de matinée ou en fin d'après-midi quand la lumière est optimale. Ajoutez 15 minutes pour le centre d'interprétation à l'entrée.
Les sculptures sont-elles toutes des originaux ?
Non, certaines sculptures (notamment quelques devatas et dvarapalas) ont été remplacées par des copies en ciment, les originaux ayant été transférés au Musée national de Phnom Penh pour des raisons de conservation ou ayant été volés. Les frontons narratifs des bibliothèques et des sanctuaires sont en revanche des originaux. Les panneaux d'information sur le site indiquent les reproductions.
Maillage Interne
- Kbal Spean — à combiner avec Banteay Srei (12 km au nord)
- Beng Mealea — autre excursion d'une journée depuis Siem Reap
- Angkor Wat — la monumentalité qui complète la finesse de Banteay Srei
- Angkor Thom et le Bayon — autre chef-d'oeuvre de l'art khmer
- Phnom Kulen — la montagne sacrée dont provient le grès rose
- Preah Vihear — linteaux sculptés d'une qualité comparable
- Pass Angkor — Banteay Srei est inclus dans le pass
- Petit et grand circuit d'Angkor — les itinéraires classiques
- Guide des temples d'Angkor — vue d'ensemble et planification
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