Phnom Chisor et Tonlé Bati forment l'une des excursions les plus gratifiantes depuis Phnom Penh : un temple pré-angkorien du XIᵉ siècle perché sur une colline de 100 mètres dans la province de Takeo, un lac populaire où les Phnompenhois pique-niquent le week-end sur des plateformes en bambou au-dessus de l'eau, et un complexe rituel khmer de l'époque de Suryavarman Iᵉʳ (1006-1050), même souverain qui édifia le Baphuon à Angkor. À 60 km au sud de la capitale par la route nationale 2, ces deux sites composent une journée complète enrichissante loin des foules de Siem Reap, à 5,50 € d'entrée combinée et 41-55 € de transport en voiture privée. Voici le guide complet pour préparer la visite, comprendre l'architecture khmère du Khleang et programmer la journée idéale.
Phnom Chisor : histoire et architecture du temple
Le prasat de Phnom Chisor, originellement nommé Suryagiri (« la montagne du Soleil » en sanscrit), est un temple hindou shivaïte construit en 1015 sous le règne de Suryavarman Iᵉʳ (1006-1050), le même souverain qui édifia le Baphuon dans le centre d'Angkor Thom et entreprit la construction du Phimeanakas. Bâti en latérite (substrat structurel) et en grès (revêtement sculpté) au sommet d'une colline isolée de 100 mètres dans la province de Takeo, il appartient stylistiquement au style Khleang (1010-1080), période de transition entre le style Pre Rup et le style Baphuon.
Le complexe forme un ensemble rituel cohérent : un sanctuaire central abritant encore aujourd'hui un linga shivaïte sur son yoni (symbole du principe créateur masculin et féminin), un gopura (porte monumentale) à l'est avec arc en encorbellement remarquablement préservé, plusieurs prasats annexes en latérite, des galeries périphériques et une chaussée processionnelle de 2,5 km descendant la colline vers l'est jusqu'à la plaine, où elle rejoignait le baray (réservoir rituel) aujourd'hui asséché. Cette chaussée, ponctuée de bornes en grès, servait aux processions royales lors des grandes fêtes religieuses du calendrier shivaïte.
Les linteaux sculptés au-dessus des portes intérieures représentent des scènes du Ramayana et du Mahabharata indien, d'une finesse remarquable malgré l'érosion millénaire. Les colonnettes octogonales aux motifs floraux stylisés (kalas, lotus, volutes végétales) annoncent les développements ornementaux de l'apogée angkorienne sous Suryavarman II un siècle plus tard. Pour replacer le temple dans la grande continuité de l'art khmer, voyez notre dossier architecture khmère qui détaille les styles successifs depuis Jayavarman II (802) jusqu'à la chute d'Angkor (1431).
La montée des 412 marches et la vue panoramique
L'accès au sommet de Phnom Chisor est l'épreuve incontournable de toute visite — et ce qui en fait l'expérience marquante. L'escalier principal côté sud, en béton et pierre, compte 412 marches souvent irrégulières et exposées en plein soleil. La montée demande 20 à 30 minutes selon votre rythme et votre forme physique. Quelques vendeurs locaux installent leurs étals d'eau fraîche et de jus de canne en milieu de parcours, providentiels en saison chaude.
L'escalier alternatif côté est, moins fréquenté, traverse une forêt de palmiers à sucre (Borassus flabellifer, arbre national cambodgien) et de fromagers (Ceiba pentandra). Moins bien balisé mais infiniment plus agréable, il offre une montée plus douce et progressive avec des perspectives changeantes sur la plaine en contrebas. C'est l'option à privilégier pour les visiteurs en bonne condition physique cherchant la beauté plutôt que l'efficacité.
Le panorama du sommet
La vue depuis Phnom Chisor est l'une des plus belles de la moitié sud du Cambodge :
- Vers le sud : la plaine de Takeo s'étend sans obstacle jusqu'aux contreforts des monts Damrei (collines des Éléphants).
- Vers l'est : le tracé de l'ancienne chaussée processionnelle traverse les rizières comme une cicatrice rectiligne dans le paysage.
- Vers l'ouest : par temps clair de saison sèche, on aperçoit la silhouette lointaine des montagnes de Kirirom (700-800 m).
- Vers le nord : les premières maisons de Phnom Penh apparaissent à l'horizon par temps exceptionnellement dégagé.
- Rizières : vert émeraude en saison des pluies (juin-octobre), doré en récolte (novembre-janvier), brun craquelé en saison sèche (février-mai).
Par temps clair, la vue s'étend sur plus de 30 km dans toutes les directions. Aucun pylône électrique, aucune route asphaltée n'interrompt le tapis vert ou doré des rizières — vous découvrez le Cambodge rural tel qu'il était il y a mille ans.
Angkor Borei et le royaume du Funan
En contrebas de Phnom Chisor, à 25 km au sud-est, se trouvent les vestiges d'Angkor Borei, l'une des plus anciennes villes khmères et probable capitale tardive du royaume du Funan (Iᵉʳ-VIᵉ siècle de notre ère). Le site, étendu sur environ 300 hectares, est aujourd'hui partiellement enseveli sous une bourgade rurale moderne mais conserve d'imposants murs d'enceinte en latérite, plusieurs prasats préangkoriens et un réseau hydraulique sophistiqué de canaux et de bassins.
Un petit musée local à Angkor Borei expose les objets découverts lors des fouilles franco-cambodgiennes de l'EFEO (École française d'Extrême-Orient) menées depuis 1996 : statuettes en bronze hindouistes et bouddhistes, bijoux en or et en argent, poteries et céramiques utilitaires, monnaies romaines et perles de verre méditerranéennes attestant des relations commerciales avec l'Empire romain via la route maritime des soies par l'Inde, et fragments d'inscriptions en sanscrit gravées au Vᵉ siècle. L'accès au musée est parfois aléatoire — demandez aux locaux si le gardien est disponible (entrée 1,80 €).
Le saviez-vous ? Le royaume du Funan (Iᵉʳ-VIᵉ siècle) entretenait des relations commerciales avec l'Empire romain. Des pièces de monnaie romaines (deniers de Marc-Aurèle et d'Antonin le Pieux) et des objets en verre méditerranéen ont été retrouvés à Angkor Borei et à Oc Eo (au Vietnam), témoignant d'une route maritime reliant l'Asie du Sud-Est au monde occidental il y a deux mille ans, via les ports indiens du Coromandel.
Tonlé Bati : Ta Prohm et Yey Peau
Le Ta Prohm de Tonlé Bati
Ne le confondez pas avec son célèbre homonyme d'Angkor (celui qu'Angelina Jolie a rendu mondialement célèbre dans Tomb Raider) : le Ta Prohm de Tonlé Bati est un temple bouddhique mahāyāna du XIIᵉ siècle, construit entre 1186 et 1190 sous le règne de Jayavarman VII (1181-1218) — le même grand bâtisseur qui édifia le Bayon et l'enceinte d'Angkor Thom. Plus petit que son cousin angkorien (35 mètres de côté contre 600 m × 1 km), il est tout aussi charmant et infiniment plus intime, dans un parc ombragé sans la moindre foule.
Ce qui rend ce temple spécial : des porches sculptés et des bas-reliefs en remarquable état de conservation, illustrant des scènes de la vie quotidienne khmère du XIIᵉ siècle — processions royales, danses apsaras, marchés, batailles navales sur le Tonlé Sap, scènes de cour. De grands arbres (banyan, fromager) dont les racines commencent à enlacer les pierres dans des configurations photogéniques rappellent l'atmosphère du Ta Prohm angkorien sans la cohue. Et surtout : pas de cordon de sécurité, pas de guide qui presse, vous pouvez vous asseoir dans l'ombre du sanctuaire, écouter les oiseaux et les cigales, et imaginer les moines qui priaient ici il y a huit siècles. Pour comprendre l'œuvre architecturale de Jayavarman VII dans son ensemble, voyez notre dossier sur les temples d'Angkor.
Le temple Yey Peau et sa légende
À 200 mètres au nord du Ta Prohm, le petit temple de Yey Peau (« grand-mère Peau ») est souvent négligé — à tort. Ce sanctuaire modeste abrite une légende locale fascinante issue du folklore khmer : Peau, jeune mère, abandonna son fils enfant dans les bois pour fuir une famine. Devenue vieille femme, elle refusa de le reconnaître lors de leurs retrouvailles trente ans plus tard ; les dieux, courroucés par ce rejet de la maternité, la transformèrent en pierre.
La statue de Yey Peau, sculptée dans le grès au XIIᵉ siècle et noircie par neuf siècles d'offrandes d'encens, est encore vénérée par les femmes cambodgiennes qui viennent prier pour la fertilité et la protection de leurs enfants. Les offrandes (fleurs de lotus, bananes, encens) s'accumulent à ses pieds. Le sanctuaire est particulièrement actif lors des fêtes du Pchum Ben (septembre-octobre, fête des ancêtres) et de Chaul Chnam Thmey (13-15 avril, Nouvel An khmer).
Le lac et l'art du sala cambodgien
Le lac artificiel de Tonlé Bati, creusé sous Jayavarman VII pour servir de baray ritualisé au temple de Ta Prohm, est aujourd'hui un lieu de détente et de pique-nique extrêmement populaire pour les Cambodgiens, particulièrement le week-end (samedi-dimanche) et lors des jours fériés (Bonn Pchum Ben, Bonn Om Touk, Nouvel An khmer). Des dizaines de plateformes en bambou sur pilotis — les fameux « salas » — permettent de s'installer au-dessus de l'eau dans un cadre champêtre.
| Élément | Tarif | Détail |
|---|---|---|
| Location de sala | 1,80-4,60 € (2-5 USD) | Selon taille (2-8 personnes) et emplacement |
| Nourriture cambodgienne | 2,75-6,40 €/plat | Poulet grillé, papaye verte, poisson lac, riz gluant |
| Bière fraîche locale | 0,90-1,40 € | Angkor, Cambodia, Anchor |
| Jus de canne pressé | 0,45 € | Pressé à la commande |
| Repas complet 2 pers | 4,60-7,40 € (5-8 USD) | Avec boissons |
L'ambiance les week-ends : musique cambodgienne contemporaine (Khmer pop, Khmer R&B) diffusée à plein volume par chaque sala, enfants qui se baignent dans l'eau peu profonde, parties de cartes endiablées entre amis adultes, vendeurs ambulants de chips, fruits coupés et bonbons traditionnels. C'est le Cambodge dans sa vie quotidienne, sans filtre ni mise en scène touristique.
Astuce repas. Demandez le trey aing — poisson grillé du lac, généralement de la carpe ou du tilapia, servi entier sur lit de braises avec une sauce au tamarin et au piment kampot. C'est le plat le plus frais et le plus savoureux du menu, pêché du jour. Comptez 3,70-5,50 € pour un poisson de 800 g, suffisant pour deux personnes.
Si vous cherchez le calme et la méditation, venez en semaine : le lac est presque désert, vous aurez votre sala pour vous seul, et l'atmosphère ressemble à celle d'un retraite zen. Le week-end et les jours fériés sont en revanche conseillés à ceux qui veulent vivre l'ambiance familiale cambodgienne authentique.
Organiser l'excursion : itinéraire, tarifs, transport
Itinéraire combiné idéal
- 7 h : Départ de Phnom Penh en voiture climatisée (route nationale 2 sud).
- 8 h 30 : Arrivée à Tonlé Bati — visite Ta Prohm + Yey Peau (1 h 30, fraîcheur du matin).
- 10 h-11 h 30 : Déjeuner sur les plateformes du lac (trey aing, riz, salade mangue).
- 12 h : Route vers Phnom Chisor (30 min).
- 12 h 30-14 h 30 : Montée par l'escalier est ombragé, visite du temple, contemplation panoramique. Évitez la montée entre 11 h et 14 h en saison chaude.
- 15 h-16 h 30 : Retour à Phnom Penh, douche, repos.
Itinéraire alternatif sans montée
Si la montée des 412 marches de Phnom Chisor vous semble trop éprouvante (saison chaude, problème articulaire, famille avec très jeunes enfants), passez la journée entière à Tonlé Bati : visite des temples le matin (8 h-11 h), déjeuner prolongé au bord du lac (11 h-14 h), après-midi sieste-bain de pieds dans un sala (14 h-16 h), retour à Phnom Penh (16 h-17 h 30). Moins sportif mais tout aussi enrichissant.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Distance Phnom Penh | 55-60 km (1 h-1 h 30 par RN 2 sud) |
| Tarif Phnom Chisor | environ 2,75 € (3 USD) |
| Tarif Tonlé Bati | environ 2,75 € (3 USD) |
| Combiné 2 sites | 5,50 € (6 USD) |
| Voiture privée climatisée | 37-55 € la journée (40-60 USD) |
| Tuk-tuk A/R | 28-37 € (30-40 USD) |
| Tour organisé | 32-46 € (35-50 USD)/pers |
| Durée totale | Journée complète (7 h-17 h) |
| Meilleur moment montée | Matin tôt (8 h-10 h) |
Attention montée. Apportez au minimum 1,5 litre d'eau par personne (2 litres en saison chaude mars-mai). Chapeau, crème solaire SPF 50, lunettes de soleil obligatoires. Ne tentez pas la montée entre 11 h et 14 h : le soleil cambodgien à 38 °C sur des marches de pierre exposées est dangereux (insolation, déshydratation rapide). Chaussures fermées impératives : les marches sont irrégulières, glissantes après une pluie, et plusieurs entorses sont signalées chaque saison.
Pour combiner cette journée avec d'autres escapades depuis la capitale, voyez notre guide des excursions depuis Phnom Penh qui détaille 8 options (Koh Dach, Oudong, Mékong, Kampong Cham, Kampot, Kep, Kirirom). Pour replacer la visite dans un séjour structuré, consultez le guide complet de Phnom Penh et le hub Cambodge.
Quand visiter et conseils pratiques
Calendrier saisonnier
- Saison sèche (novembre-février) : idéale pour la montée — marches sèches, ciel dégagé, vue illimitée, températures fraîches (22-28 °C en matinée).
- Saison sèche chaude (mars-mai) : montée éprouvante (35-40 °C), partez très tôt (7 h ouverture site). Vue souvent voilée par la brume de chaleur l'après-midi.
- Saison des pluies (juin-octobre) : rizières d'un vert éclatant photogénique, ciels dramatiques pour la photographie. Marches glissantes, averses courtes mais intenses en fin d'après-midi. Imperméable indispensable.
- Week-end et jours fériés : le lac de Tonlé Bati est en fête, ambiance familiale joyeuse, musique cambodgienne, grillades à gogo. Phnom Chisor reste calme même le week-end.
- Semaine : Tonlé Bati presque désert, parfait pour la méditation et le calme.
- Nouvel An khmer (13-15 avril) : ambiance festive intense au lac, mais chaleur extrême pour la montée. Hôtels et restaurants saturés.
À emporter
- Eau : 1,5 litre/personne minimum, 2 litres en saison chaude.
- Chapeau à large bord, crème solaire SPF 50, lunettes de soleil.
- Chaussures fermées pour la montée (les sandales sont déconseillées).
- Maillot de bain si vous comptez vous baigner au lac.
- Petites coupures en USD (1, 5, 10) et en riels pour la nourriture.
- Imperméable léger en saison des pluies.
- Crème anti-moustique en fin d'après-midi.
Bon à savoir
- Aucun distributeur de billets sur les deux sites — retirez à Phnom Penh.
- Toilettes basiques aux deux sites et au lac (souvent payantes 0,25 €).
- Couverture réseau mobile correcte (Cellcard, Smart, Metfone).
- Guides locaux parfois disponibles au pied de Phnom Chisor (1,80-2,75 €), anglais basique.
- Pour la street food cambodgienne sur place, suivez les Cambodgiens : les meilleurs stands sont ceux où ils font la queue.
Questions fréquentes
Combien coûtent les entrées à Phnom Chisor et Tonlé Bati ?
Chaque site est facturé environ 2,75 € (3 USD) pour les visiteurs étrangers, soit 5,50 € pour la combinaison Phnom Chisor + Tonlé Bati. Les Cambodgiens entrent gratuitement. Le ticket inclut l'accès au temple, à la plateforme panoramique pour Phnom Chisor et au lac pour Tonlé Bati. Aucune réservation : présentez-vous à la billetterie aux entrées des sites.
Faut-il vraiment monter les 400 marches de Phnom Chisor ?
Oui, c'est la seule façon d'atteindre le temple sommital. La montée par l'escalier sud principal compte 412 marches et demande 20 à 30 minutes selon votre rythme. L'escalier est, alternatif et plus ombragé, traverse une forêt de palmiers à sucre. Évitez la montée entre 11 h et 14 h (chaleur extrême). Apportez 1,5 à 2 litres d'eau par personne, chapeau, crème solaire et chaussures fermées. La vue à 360° depuis le sommet récompense largement l'effort.
Quelle est l'histoire de Phnom Chisor ?
Phnom Chisor (originellement « Suryagiri », montagne du Soleil) est un temple hindou de style Khleang construit en 1015 sous le règne de Suryavarman Iᵉʳ (1006-1050), même souverain qui édifia le Baphuon à Angkor. Bâti en latérite et grès au sommet d'une colline de 100 mètres dans la province de Takeo, il forme avec Wat Sen Ravang et Wat Ratanak un complexe rituel pré-angkorien. Le temple comporte un sanctuaire central abritant encore un linga shivaïte sur son yoni, plusieurs prasats annexes et une chaussée processionnelle de 2,5 km menant à la plaine.
Que faire à Tonlé Bati à part le temple ?
Le lac de Tonlé Bati est l'attraction familiale préférée des Phnompenhois le week-end. Louez une plateforme en bambou sur pilotis (« sala », 1,80-4,60 €) au-dessus de l'eau, commandez du trey aing (poisson grillé du lac), de la salade de mangue verte et du poulet rôti pour 4,60-7,40 € à deux. Visitez aussi le petit temple Yey Peau (« grand-mère Peau ») à 200 mètres du Ta Prohm : sanctuaire dédié à une légende locale d'une femme transformée en pierre, vénérée pour la fertilité.
Phnom Chisor vaut-il vraiment le détour ?
Pour les amateurs d'archéologie khmère et de panoramas, absolument. C'est l'un des derniers temples pré-angkoriens accessibles sans foule au Cambodge : 99 % des visiteurs du royaume ne le verront jamais. Linteaux sculptés du Ramayana et du Mahabharata d'une finesse remarquable, gopura à arc en encorbellement, vue panoramique à 30 km par temps clair, prix d'entrée modique (2,75 €). Pour les visiteurs qui privilégient le confort et la facilité, restez à Tonlé Bati uniquement.
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